Controverses
Toutes les musiques enregistrées sonnent mieux dans leur format initial.
Depuis l’apparition de cylindres en cire présentés comme l’invention idéale pour répliquer la musique captée pour écoute et réécoute individuelles, les musiciens et les ingénieurs du son ont tous adapté leurs pratiques pour enregistrer la musique le mieux possible selon les contraintes du format utilisé par les consommateurs.
Chaque nouveau format comprend de nouvelles limites, mais offre aussi de nouvelles possibilités. Si on prend la cassette par exemple, elle a permis aux producteurs de musique de quitter le studio avec une copie de leur travail en cours, et de le réentendre dans des conditions d’écoute très proches de celles leurs fans (en voiture notamment), ce qui leur donnait plus de contrôle et une bonne idée du résultat final. Avec la propagation des baladeurs, des boom-boxes et des radio-cassettes dans les autos, les expériences du consommateur sont devenues plus individuelles et plus isolées, et au fil des années 1990, la musique a commencé à avoir un son plus intériorisé et moins public, une tendance qui continue aujourd’hui.
La plaisir de la musique est donc inséparable du format sur lequel elle a été enregistrée. À chaque format son époque : les big bands sur 78 t, le r‘n’b sur 45 t, le gros rock sur 33 t, le grunge sur cassette, la jungle sur maxi 12”, et le shoegaze sur CD.
Chaque format affiche ses différences, et on ne peut pas reproduire tous les formats à l’identique sur un seul support. C’est un mission impossible. Mais, avec le disque compact, on a quand même réussi à rassembler et à reproduire les musiques de toutes les époques. On peut donc se demander si certaines rééditions donnent accès à une autre sorte de fidélité que le format initial, à une autre expérience du passé, surtout quand l’accès aux formats et équipements originaux est limité.
